La (r)évolution du sourcing : définition, histoire et projections

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De mémoire de recruteuse, j’ai toujours entendu dire que le sourcing c’était le nerf de la guerre. Pas de CV, pas de candidat. Pas de candidat, pas de recrutement. CQFD. Qu’on aime sourcer ou qu’on déteste ça, le sourcing est une activité incontournable. Un peu à l’image de la prospection pour les Sales ou de la rédaction pour les créateurs de contenus. Bref, le sourcing est un basique.

Souvent présenté comme le parent pauvre du recrutement, ce métier s’est structuré, démocratisé, valorisé en quelques années. De nombreux professionnels portent haut et fier l’étendard du sourcing, voulant lui rendre ses lettres de noblesse. Cette petite révolution a eu un impact sur la vision que nous en avons et c’est précisément ce que nous allons voir ensemble dans cet article.

Belle lecture !

Petite histoire du sourcing

Définition du sourcing

Parlons peu, parlons juste. Le sourcing, c’est quoi ?

Sourcer c’est 1) rechercher, 2) identifier et 3) engager des personnes.

Le recruteur qui fait du sourcing est dans une démarche proactive.

Il ne se contente pas d’attendre que les candidats déposent un CV spontanément, il va les chercher. Et surtout, il fait en sorte que ce soit de vrais candidats, actifs et engagés dans le processus de recrutement.

Revenons un instant sur les 3 étapes :

1. Rechercher

Pour trouver la perle rare (=le bon candidat), il faut d’abord partir à sa recherche. C’est donc l’étape n°1. Mais, inutile de foncer tête baissée, il faut d’abord savoir précisément qu’est-ce qu’on cherche ? Cette étape intègre donc le brief ou prise de besoin auprès du Hiring Manager (par extension, la collecte de données liée au futur recrutement).

2. Identifier

Dès lors que le recruteur sait ce qu’il cherche, il va pouvoir définir une stratégie, c’est-à-dire définir précisément quelles sont les sources qu’il va utiliser pour trouver le bon profil (jobboard, réseaux sociaux, annonce…). Il va établir un market-mapping et quadriller les compétences, les formations, les entreprises visées. Puis, il passera à l’action.

3. Engager

Cette phase d’action est aussi appelée approche ou prise de contact. Cela peut se passer par mail, par sms, par appel. Tous les moyens sont bons pour entrer en relation avec la personne, si possible, la qualifier, voire la convertir en candidat et avancer dans le process.

Évolution du sourcing

Avant, il suffisait de poster une annonce (même mal rédigée) et d’attendre que pleuvent des CV.

Ça, c’était avant.

Entre-temps, le marché s’est complexifié avec notamment 2 ingrédients explosifs :

Les recruteurs (et les tous les acteurs du recrutement, on le rappelle, ça se joue en collectif) ont dû redoubler d’imagination et d’efforts pour mieux capter l’attention et attirer leurs futures recrues. C’est ainsi que des concepts comme la marque employeur, le marketing RH, l’Inbound Recruiting, l’Expérience Candidat, le Care Candidat sont venus pimenter la partie.

Là où l’entreprise pouvait afficher un discours parfaitement maîtrisé et corporate, les réseaux sociaux (LinkedIn, les sites de notations comme Indeed ou Glassdoor ou encore les comptes Balance Ta Startup) ont fait voler en éclat cette communication trop lisse et parfaite.

Les candidats se faisant de plus en plus rares, de plus en plus chassés, et ne voulant plus de beaux discours sur fond de langue de bois, il a fallu s’adapter.

Le sourcing étant l’une des 1ère étapes du recrutement, il a fallu là aussi s’adapter.

Aux moyens traditionnels (annonces, CVtèques, cooptation) sont venus s’ajouter d’autres façons de capter des candidats :

  • Un site carrière adapté pour une bonne expérience utilisateur
  • Du contenu de qualité publié sur des blogs et les réseaux sociaux
  • Une meilleure segmentation des profils

Au fil des années, le sourcing est devenu stratégique.

Métier à part entière ou discipline ?

Sourcer, ça n’est pas de la magie

Remettons les pendules à l’heure, au risque de briser un mythe mais le sourceur n’est pas un magicien. C’est un maillon de la chaîne, certes important, mais il n’a pas à porter sur ses épaules tout le poids du recrutement.

Il peut identifier, trouver et convertir des personnes en candidats. Reste à mener de bout en bout le process, et si vous êtes recruteur, vous le savez, rien n’est jamais gagné d’avance.

Revenons à la question de départ : le sourcing, métier ou sous-discipline du recrutement ?

À la base, le métier de « souceur » n’existait pas en tant que tel. Il était intégré à 100% dans la fiche de poste du recruteur. Le recruteur faisait en autre du sourcing, mais aussi des entretiens, et autres joyeuses activités. Petit à petit, face à la complexité de recruter certains profils, il a fallu passer plus de temps et engager plus de moyens pour la phase de recherche et d’engagement. C’est ainsi que le métier de sourceur, ou chargé de recherche, est né.

Guillaume Alexandre dit ceci à propos du sourcing :

« Moi, je convertis des personnes en candidats quand les recruteurs convertissent les candidats en employés. »

En réalité, le métier de sourceur est né d’une évolution naturelle du monde du travail, du marché et du recrutement. Certaines entreprises valorisent cette fonction comme un métier de niche, d’expertise, ultra-segmenté. D’autres continuent à l’intégrer au reste des fonctions de recruteur.

Ainsi, pour moi, il peut y avoir des sourceurs (experts et spécialistes du sourcing) et des recruteurs qui font du sourcing. En réalité, et assez logiquement, ils n’ont pas le même degré d’expertise, ni les mêmes attributions. Tout dépend du contexte.

N’est pas sourceur qui veut

Sourceur, c’est donc un vrai métier.

Il demande de la technique, de la précision et de la débrouillardise.

Il y a des degrés de maturité selon qu’on soit un Sourcing Specialist ou un Sourcing Scientist.

Ce niveau de séniorité dépend des compétences que l’on a développées et aussi de sa capacité à transmettre et former d’autres sourceurs.

Alors, pour être un vrai sourceur, que faut-il maîtriser ?

La liste est loin d’être exhaustive, mais voici quelques techniques / méthodes constituant l’attirail du parfait sourceur :

  • Méthodologie des opérateurs booléens
  • Méthodologie de scrapping
  • Définition de persona Market-mapping
  • Identification de viviers : réseaux métiers, Meetup, communautés …
  • Utilisation de Google CSE
  • Travail de son Personal Branding
  • Techniques de closing

L’acquisition de Talents regroupe des milliers de professionnels partout dans le monde. Et oui, le sourcing, ce sont aussi des évènements, des communautés, des challenges dédiés comme le Sourcecon ou le Sourcing Summit. Vous avez aussi la possibilité de vous tester en vous amusant avec des sites comme Sourcing Games.

Le sourcing est un métier qui compte aussi des experts et des influenceurs participant à la démocratisation et à la valorisation de ce métier auprès des recruteurs et des professionnels RH en général. Parmi eux :

  • Guillaume Alexandre alias Mister Sourcing, fondateur de Gates-Solutions. Il fait partie des experts connus et reconnus. Il a d’ailleurs été finaliste au Sourcecon GrandMaster Challenge en 2017 et 2019.
  • Pierre André Fortin, dirigeant d’Asana, expert en sourcing et en scrapping, il intervient comme conférencier sur des évènements dédiés. On le retrouve aussi régulièrement sur les live SNP de Nicolas Darcis, le vendredi à 13H sur LinkedIn.
  • Nicolas Darcis, CEO de Sisoo et créateur de « Souceurs ? Non, peut-être » est un geek du sourcing. Il adresse une newsletter 100% dédiée recrutement le dimanche. A ça s’ajoute les live du vendredi 13H sur LinkedIn.
  • Morgane Conrad, Talent Manager chez Folk, a développé une [checklist du sourcing] qui est une mine d’or pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin à ce métier. Cette checklist regroupe des outils, conseils et astuces pour faire un sourcing de qualité et efficace.
  • Irina Shamaeva est une vraie pro du sourcing, une leader incontestée du domaine. Elle partage ses techniques, outils, stratégies sur son blog [Boolean Strings](https://booleanstrings.com/). Elle participe également à la formation de centaines de recruteurs aux techniques de sourcing. C’est aussi une intervenante régulière du Sourcing Summit. Enfin, elle a co-écrit plusieurs ouvrages sur le sujet, dont Sourcing Hacks.
  • Benoit Bliard est expert du recrutement en ligne. Il est consultant et formateur de recruteurs. Il les accompagne à sourcer sur le web grâce à Google. Son approche ? Permettre aux recruteurs d’identifier n’importe quel CV du moment qu’il est indexé par Google.

Comment devient-on sourceur ?

En réalité, il n’existe pas de formation académique autour du sourcing. D’ailleurs, jusqu’en 2020, il n’existait pas non plus d’école dédiée au recrutement. Aujourd’hui, LEDR propose des modules sourcing dans leur cursus « Le Parcours ». Bien sûr, vous avez toujours la possibilité de suivre des formations accélérées auprès des spécialistes cités plus haut. Sinon, il vous reste la bonne veille méthode traditionnelle du « j’apprends sur le tas ».

Heureusement, il existe de nombreuses ressources pour s’auto-former sur le sourcing. Je vous en ai regroupé quelques unes ici :

L’avenir du sourcing

C’est toujours difficile de faire des prévisions, surtout quand on ne s’appelle pas Madame Irma. Ceci étant dit, il y a des éléments qui sont très clairs comme l’explosion de la data. Aujourd’hui, tout est mesurable, quantifiable, accessible en ligne. Et puis, les comportements des personnes en ligne évoluent. C’est la course à l’attention et à la rétention des visiteurs (sur votre site, sur vos contenus…).

Une chose est sûre et perdure, c’est que le sourcing mélange toujours 2 aspects : la technique (trouver la data) et la psychologie (convertir en candidat et le convaincre). L’un ne va pas sans l’autre.

Et aujourd’hui plus que jamais, ce qui compte, ce n’est plus de trouver des candidats mais de réellement cibler les bons candidats (logique d’efficacité, de précision). Donc aller vers du qualitatif et surtout, transformer l’essai. Dans un monde où on peut contacter n’importe qui, la question du ciblage et de la personnalisation reste centrale. Surtout quand l’objectif est de convertir avec un maximum d’efficacité.

Nous arrivons déjà à la fin de cet article et j’espère qu’il vous aura donné matière à réfléchir autour du sourcing. Compétence, discipline, métier … Finalement peu importe la façon dont vous le pratiquez, tout dépend du contexte. Certaines entreprises sont plus matures sur le sujet que d’autres. Mais une chose est sûre, le sourcing est plus que jamais indispensable pour engager des personnes dans un process de recrutement. On ne naît pas candidat, on le devient, et le sourcing est ce qui permet d’opérer ce changement. Rien de magique ou d’extravagant, c’est un savant mélange de technique, de persuasion, de psychologie et de créativité.

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À propos de l'auteur·e
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Happy Recruteuse en CDI et Happy Content Manager en Freelance. Je baigne dans l’univers du recrutement depuis 10 ans et je partage mes conseils et astuces sur mon blog et sur mon compte Instagram. Quand je ne crée pas de contenus pour les réseaux sociaux, j’aide les indépendants à booster leur Personal Branding. Passion recrutement & freelancing (sans oublier les licornes et les paillettes) !